16 juillet 2007

Nooooooooon, un article??????? :p

Ben oui! lol
Oui, je sais, même moi j'y croyais plus lol

Pas de film à présenter (même si j'en aurais des tonnes à mettre, depuis le temps... :p), juste un condensé du dossier De Niro dans le dernier Première (merci Louwak!!!).
Parce que c'est Bob, et qu'il en vaut bien la peine ^^

Bernardo Bertolucci (réalisateur de 1900):
"Bob est l'acteur le plus mystérieux avec lequel j'aie jamais collaboré. Il est très difficile à cerner, très imprévisible et n'aime pas se dévoiler. Je crois qu'il cherche un moyen de comprendre le monde à travers son travail. Affirmer qu'il est ceci ou prétendre qu'il est cela serait très réducteur. Il a besoin de soutien et accepte avec soulagement toutes sortes de précisions, même les plus anodines. Dans une scène, il devait couper un oeuf à la coque et tenait à savoir si un propriétaire terrien utiliserait une cuillère ou un couteau. Porter un chapeau, adopter une démarche, les plus infimes détails revêtaient pour lui une importance capitale. Ils devenaient autant de clés pour entrer dans le personnage.
Le tournage a été très long, une vraie folie. A sa toute fin, je me suis rendu compte que Bob concevait son travail dans une continuité. Sa performance avait la solidité de l'acier. J'ai trouvé ça diabolique.
J'ai beaucoup aimé Il était une fois dans le Bronx, son premier long métrage. Un film assez unique, très limpide. Il m'a surpris, comme De Niro me surprend souvent."

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John McNaughton (réalisateur de Mad dog and glory):
"Martin Scorsese m'avait embauché pour réaliser le film, et lors de notre première conversation concernant la distribution, il m'a dit: "Bob a lu le script et l'aime beaucoup, est-ce que ça t'intéresse de le rencontrer?"
J'ai évidemment répondu oui. Je l'ai donc vu, sans savoir quel rôle, du flic ou du gangster, il allait jouer. Nous avons organisé deux lectures du script avec la distribution complète. Le matin, Bob jouait le personnage de Wayne, le flic; l'après-midi, celui de Franck, le gangster. Bien entendu, il était bon dans les deux, mais il nous semblait plus intéressant de le voir jouer le flic, plutôt timide et effacé.
Je n'ai travaillé qu'une fois avec De Niro, mais je pense qu'il a tendance à mettre de lui-même dans ses personnages. Plutôt que d'imposer sa façon de faire, Bob me demandait toujours mon opinion. Il sollicitait même les suggestions.
Dans Raisons d'état, que j'ai trouvé exceptionnel, je ne peux pas dire si le personnage joué par Matt Damon ressemble à Bob. En revanche, connaissant bien l'histoire de la CIA, je me suis demandé de qui ce personnage était inspiré..."

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Harold Ramis (réalisateur de Mafia blues):
"J'ai commencé par rencontrer Bob à Los Angeles. Nous avons parlé du personnage, du ton du film et nous nous sommes très bien entendus. J'avais réussi le test.
Si j'avais été plus jeune, j'aurais pu être intimidé, mais nous avons le même âge. Et puis Bob a beau être un acteur impressionnant, dans la vie, il est très simple. Je savais qu'il avait la réputation d'être franc. Je voulais qu'il m'accepte, mais plus encore qu'il croie en ma vision du film. Il est très direct et nous avons immédiatement accroché.
Il avait déjà fait une bonne comédie avec Martin Brest (Midnight run). Il est parfait dans ce registre, parce qu'il joue le personnage, pas la comédie. Il fait très attention à ne pas construire le film autour des gags mais à insuffler à son rôle autant de vérité que possible.
Contrairement à certains autres acteurs qui ont besoin de s'épancher, Bob n'exprime rien verbalement. J'ai eu avec lui quelques conversations pour m'assurer qu'il maîtrisait des rudiments de psychologie. Jamais il n'a dit des choses comme; "je me souviens, mon père et moi..." ou "ma mère et moi..."
Lorsqu'il est colère, vous le sentez immédiatement. Nous avons eu un désaccord la première semaine de tournage à propos du choix de Lisa Kudrow, qui n'était pas encore arrivée. Il a essayé de m'intimider, mais j'avais mon autorité de réalisateur à défendre. Nous avons fini par trouver un compromis, et, au bout d'une semaine, nous avons acquis une grande confiance mutuelle.
Souvent, les bons acteurs ne font pas de bons metteurs en scène. Non pas parce qu'ils manquent d'intuitions solides, mais parce que c'est une discipline absolument différente qui demande des capacités aussi bien administratives que créatives. Lorsqu'il a tourné Il était une fois dans le Bronx, j'étais curieux de savoir comment il allait gérer son planning, lui qui a tendance à prendre son temps. Je lui ai demandé comment il s'en sortait, il m'a répondu: "ça va". Ses réponses sont toujours très courtes. Avait-il terminé dans les temps? "On a un peu dépassé", m'a-t'il dit. Je lui ai demandé de combien. "Huit". "Huit jours, ce n'est pas si mal". Il m'a répondu: "Non, huit semaines!"
Je suis sûr qu'il a aussi beaucoup débordé sur Raisons d'état. C'est un véritable artiste dans tous les sens du terme. Il prend les choses très au sérieux. Il ne laisse rien passer".

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Terry Gilliam (réalisateur de Brazil):
"J'ai rencontré Robert De Niro par l'intermédiaire d'Arnon Milchan, le producteur d'Il était une fois en Amérique, de Sergio Leone. Ils étaient amis, et Bobby était un fan des Monty Python. Lorsque je lui ai envoyé le script de Brazil, je lui ai proposé de choisir n'importe quel rôle, ça m'était égal. Il a opté pour celui que j'avais déjà attribué à Michael Palin, et il a donc fallu que je le persuade de jouer Tuttle. Il a mis un moment à accepter un personnage aussi simple.
Dans la vie, De Niro est très timide. Il a tendance à s'effacer pour se protéger. Un jour, à Londres, nous marchions ensemble dans la rue quand j'ai croisé un ami. Plus tard dans la journée, j'ai parlé à cet ami au téléphone et je lui ai demandé comment il avait trouvé De Niro. "Qui?", s'est-il exclamé. Il n'avait même pas remarqué que De Niro était avec nous. Bob sait disparaître d'une façon très intéressante...
Dans le travail, il ne demande pas beaucoup d'instructions. Il est très méticuleux, et se prépare longtemps à l'avance. Lorsque nous avons commencé à parler de son personnage, je lui ai dit que je le voyais comme un mélange de plombier et de chirurgien. Il a immédiatement appelé l'un de ses amis, chirurgien du cerveau, et a commencé à assister à des opérations pour voir comment le type travaillait. Puis il est arrivé sur le plateau pour voir comment on construisait les décors et a participé à leur élaboration. Il évoquait chaque détail. Son équipement, ses costumes..., rien n'était laissé au hasard.
Lorsqu'il dirige un film, il est très calme, il parle très posément. Bobby a tendance à parler à chacun personnellement. Il va voir son chef op. Ensuite Matt Damon, etc. C'est un signe de timidité. Moi je m'adresse à vingt personnes à la fois.
J'ai entendu dire que pendant le tournage d'Il était une fois dans le Bronx, il prenait beaucoup de temps, ce qui rend généralement les gens nerveux. Mais quand le film est sorti, je l'ai trouvé extrêmement brillant.
Je ne crois pas qu'il mette beaucoup de lui-même dans ses rôles. Je ne pense pas qu'il ressente le besoin d'exprimer qui il est. Chacun peut lire en lui ce qu'il veut".

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Alan Parker (réalisateur d'Angel heart):
"En 1987, j'avais demandé à Robert De Niro de jouer Harry Angel, le rôle principal d'Angel heart. Il m'a répondu qu'il préférait incarner le personnage secondaire du diable, Louis Cyphre. Mickey Rourke est donc devenu Harry Angel.
Lors de ma première rencontre avec Bob, il était sur ses gardes. Il se méfiait de moi et se posait beaucoup de questions. J'avais l'impression de passer un examen. Avant qu'il ne me donne son accord, nous nous sommes rencontrés plusieurs fois, avons lu le script, et parcouru les extérieurs dans Harlem. Malgré ces débuts difficiles, j'ai beaucoup apprécié notre collaboration. Ce fut un privilège et un plaisir.
Robert se montrait très exigeant envers moi. Il ne travaillait pas tous les jours. Il nous arrivait même de tourner des semaines entières sans lui. Lorsqu'il revenait sur le plateau, je devais passer des heures avec lui dans sa caravane pour discuter du rôle et de l'évolution du film. Mais une fois qu'il a commencé à m'accorder sa confiance, il s'est détendu et j'ai pu savourer sa compagnie et son sens de m'humour très sec. Il est méticuleux, possède une capacité de concentration extraordinaire et porte une grande attention aux détails. Pour Angel heart, il pinaillait sans cesse sur la longueur exacte que devaient avoir ses cheveux. Il accordait aussi une telle importance à ses ongles qu'il faisait venir une manucure russe de New York par avion. Il voulait que ses faux ongles poussent imperceptiblement à chacune des apparitions de son personnage. Avant le tournage, il m'a appelé d'une boutique parisienne qui vendait des cannes extrêmement chères. Il voulait toutes les acheter. J'ai réussi à le convaincre de n'en prendre qu'une ou deux. Il en a essayé des centaines avant de trouver celle avec laquelle il se sentirait parfaitement à l'aise.
Les scènes qui l'opposaient à Mickey me fascinaient. Tous deux ressemblaient moins à des acteurs qu'à des boxeurs qui se testaient l'un, l'autre avant de s'affronter métaphoriquement. Comme toujours, Bob contrôlait, impeccable et puissant. Il lui suffisait de briser la coquille d'un oeuf pour donner l'impression de casser chacun des os de Mickey Rourke. Etant donné qu'il incarnait le diable, je ne sais pas s'il y a mis de lui-même!"

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Matthew Vaughn (réalisateur de Stardust):
"C'est toujours étrange de rencontrer ses idoles. Parfois, il vaut mieux que les rêves restent des rêves. Heureusement, je me suis très bien entendu avec Bob.
En tant qu'acteur, il a été aussi bon que je l'espérais, sinon plus. Le premier jour du tournage, je n'étais pas intimidé, mais je ne me sentais pas à l'aise non plus. Bob a tout de même collaboré avec mes réalisateurs préférés: Mann, Scorsese, Coppola...
Comment pouvait-il me prendre au sérieux? Très vite, nous avons pourtant établi un rapport agréable. C'est un vrai professionnel. Il faut dire que je partage avec lui un certain goût du silence. Nous pouvions donc nous retrouver dans une même pièce sans dire un mot. Nous nous entendions même très bien à cause de ça.
Je n'ai pas encore vu Raisons d'état, mais le sujet me fascine. Bob était en plein montage lorsqu'on tournait Stardust. Je l'entendais répéter: "c'est long". Quand il m'a raconté le scénario, je l'ai trouvé malin. Les agents de la CIA sont contraints au secret. Ils ne se confient même pas à leurs femmes et vivent entre eux dans des villes qui leur appartiennent exclusivement. Bob les décrit comme une version guindée de la Mafia".

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Eric Roth (scénariste de Raisons d'état):
"Bob a-t-il mis de lui-même dans le personnage principal? Il faudrait le lui demander, mais il ne répondrait probablement pas. D'abord parce qu'il jugerait la question trop privée; ensuite parce qu'il vous opposerait qu'il n'en sait rien. Quelqu'un m'a dit un jour que mes scripts évoquaient toujours la solitude. Je n'y avais jamais pensé... Beaucoup plus que celle du scénariste, c'est la personnalité du réalisateur qui déteint sur les films. Il apporte son ton, ses thèmes, sa part intime. Comme je l'explique toujours aux cinéastes avec lesquels je travaille: "si tu marches comme un canard, tu parleras comme un canard". "

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Angelina Jolie (actrice dans Raisons d'état):
"Au premier abord, Bob rend nerveux, point. D'abord, à cause de l'intensité qu'il dégage. Ensuite, parce qu'il est si brillant dans sa composition des personnages que vous redoutez que son instinct d'acteur ne prenne le dessus et ne vous entrave. En fait, il est très compréhensif et sensible. Il vous aide et vous laisse l'espace nécessaire pour comprendre votre rôle de par vous-même. Il est comme un bon parent. Il guide et prend du recul. En même temps, il est très exigeant. Son souci du détail nous a tous incités à travailler énormément".

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Matt Damon (acteur principal de Raisons d'état):
"Pendant tout le tournage il a été près de moi, attentif au moindre détail. Bob a la réputation d'être minutieux, et j'ai pu constater à quel point il ne laisse absolument rien passer. Nous tournions prise sur prise. Parfois, John Turturro et moi nous demandions: "Mais pourquoi on la refait?" Il guettait quelque chose de particulier. Il expliquait: "Ces types ne montrent pas leurs émotions. C'est dangereux pour eux de faire confiance aux gens et de manifester leurs sentiments." Pour avoir préparé ce film pendant huit ans, il savait très précisément ce qu'il voulait. A aucun moment je n'ai douté de lui. J'ai eu la chance de travailler pour l'un des meilleurs acteurs au monde.
Je ne saurais dire si mon personnage est proche de Bob. Il me semble tout de même qu'ils partagent la même obsession pour leur travail. Chez Bob, cette idée va dans un sens positif et explique comment il s'est maintenu à un tel niveau artistique depuis quarante ans.
Dans l'approche de la mise en scène, la différence entre Bob et Martin Scorsese, c'est que Bob est vraiment un acteur, alors que Marty pense comme un cinéaste. Quand Marty vous raconte une histoire, il peut vous dire comment il va la réaliser. En plan fixe ou avec un mouvement de caméra. Il a besoin de le savoir avant d'aller tourner. Spielberg et Soderbergh travaillent aussi de cette façon. Bob lui ressemble davantage à Gus Van Sant. Il commence par répéter avec ses acteurs, et lorsqu'il parle avec son directeur de la photographie, c'est pour se mettre d'accord avec lui sur la meilleure façon de saisir les personnages. Ce que Bob et Marty ont en commun, et tout leur travail le prouve, c'est leur compréhension du comportement humain et leur souci du détail. Ils détectent immédiatement ce qui sonne faux. Le temps qu'ils consacrent à discuter de détails invraisemblables explique la puissance de leurs performances."

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Voilà, quelques preuves, s'il en fallait, que Bob est véritablement l'un des plus grands...
J'aurais voulu avoir cependant les avis des Scorsese, Coppola, et autre Leone également...;-)
Acteur, réalisateur, j'aime tout ce qu'il fait. Et j'aime l'homme, passionnément.

J'espère que vous allez bien sinon!
Bonnes vacances pour ceux qui peuvent déjà en profiter... et à très vite!
Zouxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxx

Posté par diamonddivine à 17:38 - - Permalien [#]